Une rencontre avec Evelyn ASKOLOVITCH que les élèves n’oublieront pas
Le mercredi 25 février, des classes de 3e et de Terminale AGORA, ont eu la chance d’écouter Evelyn Askolovitch témoigner de ce que sa famille et elle avaient vécu lors de leur déportation pendant 2e guerre mondiale.
Cette rencontre était organisée dans le cadre du dispositif Comprendre Pour Mieux Agir (CPMA), en co-organisation avec l’ANEF et la LICRA, qui accompagnaient Mme Askolovitch.
Evelyn Askolovitch, 87 ans, a introduit son intervention en expliquant aux élèves qu’elle témoignait depuis 2015, date à laquelle elle avait pris conscience qu’elle faisait partie des derniers témoins vivants de cette période historique. Et elle a bien insisté sur la valeur de ce vécu historique vivant aux côtés des récits d’historiens.
Elle témoigne dans les établissements scolaires pour mettre entre les mains de la jeunesse les meilleures chances de préserver nos droits et libertés, pour qu’ils n’oublient pas, et pour qu’à leur tour ils puissent dire « plus jamais ça » !
Dès les années 1930, depuis la Hollande, alors qu’Evelyn Askolovitch est encore une petite fille, ses parents, juifs allemands, sont témoins de la montée de l’antisémitisme en Allemagne, mais dans d’autres pays européens aussi. En 1943, sa famille est à son tour déportée au camp de Vught, puis de là au camp de Westerbork, avant celui de Bergen-Belsen. Evelyn avait 5 ans, c’est la première fois qu’elle est séparée de ses parents. Quand sa mémoire ne se souvient pas des sévices subis de la part des soldats nazis, elle s’appuie sur les carnets écrits par sa mère, elle croise dans sa vie d’adulte d’autres survivants de ces camps qui étaient un peu plus âgés qu’elle lors de leur déportation, elle écoute les douleurs de son corps qui se réveillent en vieillissant.
C’est un passeport établi en pays neutre, de l’ingéniosité, beaucoup de force, mais aussi de la chance, qui leur permettront d’échapper à la mort.
Evelyn Askolovitch raconte aussi la vie après la guerre, après les camps. Sa mère se rend compte que sa petite fille n’a pas eu le temps de connaître une vie d’enfant et lui réapprend certains gestes élémentaires comme monter et descendre un escalier. Ils restent un an dans le camp de rapatriement de Biberach car les pays ne veulent pas ouvrir leurs frontières aux survivants juifs. En 1946, c’est finalement en Hollande que la famille d’Evelyn retournera, mais sans retrouver leur logement d’avant la guerre, ni tout à fait leur vie d’avant. Le père d’Evelyn ne se remettra jamais de la perte de sa propre mère, qu’il a vue monter dans un train en route vers un camp de la mort.
Evelyn viendra vivre en France en 1958 après avoir rencontré son mari, le journaliste Roger Ascot.
« Sa plus belle victoire ? » demande un élève. D’avoir eu des enfants, des petits et des arrière-petits-enfants, et de pouvoir témoigner le plus longtemps possible dans les écoles.
Celles et ceux qui souhaiteraient poursuivre cette rencontre trouveront d’autres témoignages, ouvrages et documents au CDI.
Une semaine après le témoignage d’Evelyn Askolovitch, démarrait aux lycées Albert Thomas, le mois de l’égalité qui commençait par la semaine contre les racismes et antisémitismes, de quoi faire écho à cette belle intervention.